Condamnée pour discrimination à l’âge
La cour d’appel de Metz vient de condamner solidairement France
Télécom et un de ses managers à verser 5 000 € de dommages et intérêts à
un salarié. En cause, un délit de discrimination en raison de l’âge.
En
juin 2011, le tribunal correctionnel messin avait débouté le salarié de
sa demande. Ce dernier arguait qu’en janvier 2009, lors d’un entretien
individuel, le bénéfice d’une formation lui avait été refusé par sa
hiérarchie en raison de son âge. À l’époque, le technicien intervention
clients était âgé de 57 ans. La formation souhaitée devait durer de 24 à
48 mois. En mars dernier, le dossier avait été évoqué devant la cour
d’appel et mis en délibéré au mois de mai. De son côté, l’employeur
estimait que « la montée en compétence du salarié ne pouvait être
envisagée puisque ce dernier devait théoriquement prendre sa retraite en
fin 2008 ».
Se basant sur « l’essor constant de la lutte contre
les discriminations, depuis de nombreuses années, notamment dans le
milieu du travail, et en particulier dans le domaine du droit à la
formation continue », la cour d’appel a constaté l’existence du délit de
discrimination en raison de l’âge. « La volonté discriminante est ici
singulièrement frappante », constate l’arrêt qui a infirmé le jugement.
Source : Le Républicain Lorrain
Egalité de traitement des salariés pacsés au Crédit Agricole : la Cour de Justice de l'Union Européenne saisie d'une question préjudicielle
La HALDE dans sa délibération n° 2007-366 du 11 février 2008,
recommandait à la Fédération Nationale du Crédit Agricole, de se
conformer à l'article L.122-45 du Code du Travail, d'étendre le bénéfice
des avantages à l’occasion d’événements familiaux liés au mariage aux
salariés pacsés dans les trois mois « afin de restaurer l'égalité de
traitement entre les salariés».
Par ailleurs, la HALDE
recommandait également à Monsieur Xavier BERTRAND, Ministre du Travail,
des Relations Sociales et de la Solidarité de faire procéder à
l’amendement de l'article L 226.1 du code du travail afin d'étendre le
bénéfice de l'ensemble des congés pour événement familiaux réservés aux
seuls salariés mariés aux salariés unis par un PACS . L’ancien
gouvernement n’a jamais donné suite à cette recommandation. Le nouveau Ministre du Travail, Michel SAPIN devrait avoir une position différente si on en juge par les engagements pris lors de la campagne électorale par notre nouveau Président de la République.
Dans son arrêt du 23 mai, la Cour de cassation conforte cette position, estimant
que le fait de réserver un avantage en matière de rémunération et de
conditions de travail aux personnes mariées, ce qui exclut
nécessairement les partenaires de même sexe pacsés, constitue une discrimination indirecte.
La Haute juridiction interroge toutefois la CJUE, dans le cadre d’une
question préjudicielle, sur la possibilité de justifier cette différence
de traitement par un objectif légitime.
Au terme de la directive communautaire n° 2000/78/CE
du 27 novembre 2000 portant création d’un cadre général en faveur de
l’égalité de traitement en matière d’emploi et de travail, l’existence
d’une discrimination indirecte peut cependant être écartée lorsque la
différence de traitement est « objectivement justifiée par un objectif
légitime », et à condition que « les moyens de réaliser cet objectif
soient appropriés et nécessaires » (art. 2 § 2, b).
Pour la Cour de cassation, il convient donc de rechercher si la différence de traitement instituée par la convention collective «
peut être objectivement justifiée par un objectif légitime tenant aux
différences qui existent entre les salariés contractant un mariage et
ceux qui concluent un pacte civil de solidarité ».
Pour se prononcer, la Haute juridiction a préféré surseoir à statuer et saisir la CJUE d’une question préjudicielle
visant à déterminer si le choix du législateur français de réserver la
conclusion d’un mariage aux personnes de sexe différent pourrait
constituer un objectif légitime, approprié et nécessaire justifiant la
discrimination indirecte résultant de la convention collective du Crédit
Agricole.
Source Adheos.org
Aucun commentaire:
Enregistrer un commentaire