Le 16 mai dernier, au tribunal de Senlis (Oise), l'enseigne Lidl et des anciens dirigeants comparaissaient pour "discrimination à l'embauche".
Après plusieurs semaines de stage rémunéré par le conseil régional (tant qu'on peut éviter aux patrons de payer un salaire !), une jeune femme d'origine africaine postule pour un CDI. Mais elle est à l'époque titulaire d'un titre de séjour pour "vie privée et familiale", et le magasin refuse donc de l'embaucher. Cette carte de séjour l'autorise à travailler, le souci c'est que c'est une carte d'une durée d'un an, donc précaire.
Et la précarité, les entreprises aiment bien, mais quand c'est eux qui décident. On ne va quand même pas s'embêter à gérer le licenciement d'un employé dont on aurait pas renouvelé le titre de séjour ! Surtout quand il y a des titulaires d'une carte de résident ou d'une carte d'identité qu'on peut embaucher en CDI avec des salaires planchers et des horaires et conditions de travail (surveillance, polyvalence, objectifs, contrôles) invivables... et qu'on peut licencier sans trop de difficulté si besoin.
Ce qui est intéressant dans cette affaire, c'est que les documents et les formations internes de l'entreprise donnaient tout à fait officiellement comme consigne aux directeurs de ne pas embaucher des salariés ayant ce type de carte de séjour. De mauvaises interprétations et des "coquilles", plaide aujourd'hui Lidl
En attendant, les cadres qui ont bien sagement appliqué les consignes illégales et discriminatoires de leur entreprise ont été licenciés et risquent une condamnation : il aurait mieux valu contester et refuser d'appliquer ces consignes...
http://www.courrier-picard.fr/courrier/Actualites/Info-regionale/Des-peines-symboliques-requises-contre-Lidl-pour-discrimination
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