lundi 30 avril 2012

Luzarches: harcelé jusqu'à ce qu'il quitte l'entreprise

Il devait faire un stage dans une chaîne d'hôtellerie restauration : mais des collègues racistes lui en font baver jusqu'à ce qu'il abandonne. Ils sont pour le moment maintenus en poste par leur employeur....

Mise à jour du 30 avril.

Suite au travail des associations antiracistes, l'affaire commence à émerger dans les médias, notamment dans le Parisien qui révèle que les faits se sont déroulés dans un hôtel Campanile, et qu'un membre de la direction était présent pendant que certains propos racistes étaient tenus.

 Si vous souhaitez demander ( poliment) des explications au groupe Louvre Hôtels qui est propriétaire de la marque Campanile, voici leurs coordonnées

Communication service-communication@louvre-hotels.com
Presse presselouvrehotels@louvre-hotels.com
Développement   developpement@louvre-hotels.com

Entre simples blagues et racisme...

 Le Saint-Quentinois, âgé de 18 ans, était parti pour deux semaines au service en salle, puis deux autres en cuisine. Un soir de travail, il se retrouve avec ses collègues. Si au départ le lycéen prend l'affaire avec légèreté, la discussion prend une drôle de tournure quand « de simples rigolades » virent « en blagues racistes ».

La première, il prend sur lui, raconte-t-il. Le jeune homme y voit même de l'humour. La serveuse, qui est sa « chef de salle », lui dit ainsi devant les autres employés : « Tu es mon petit nègre à moi. » « Au départ, je l'ai pas mal pris », explique le lycéen. Et lui rétorque même : « Non, c'est toi ma petite nègre. »

La serveuse ne lâche pas : « Non, moi je suis blanche. » Et pour preuve, elle prend le bras de Bienvenue et lui conseille de prendre « une brosse » pour « frotter » afin de lui-même devenir blanc, relate le jeune homme. Puis, elle aurait ajouté : « En plus, les noirs sentent pas bons ! »

Le lycéen retourne alors en salle pour finir de débarrasser. « Ils ont vu que j'étais pas bien, que j'étais énervé », assure Bienvenue. Mais la soirée n'est pas finie. Retour avec les collègues. « On t'appelle à la plonge », lui indique le cuisinier. Le garçon ne répond pas, explique-t-il car pas encore remis de ses émotions. Le professionnel aurait alors renchéri : « He, négro, tu y vas ? » Bienvenue lui rappelle qu'il a un prénom. Ce à quoi lui répond son collègue : « Bon, esclave, on va commencer à sortir les fouets ! »

Lire l'article en Intégralité sur le site de l'Aisne Nouvelle

Bavière: terreur néo-nazie au quotidien et résistances dans la population


NPD poster with black bootsDepuis la réunification, l'opinion dominante a été que l'extrémisme de droite se limite principalement à l'Allemagne orientale. Mais maintenant, le nombre d'actes néo-nazis est en plein essor dans l'Ouest. Une nouvelle tendance?

 

Scènes vues près de Nuremberg en Bavière: les extrémistes de droite menacent certains jeunes Kurdes, en criant: « Dégagez damnés Turcs!" Puis plusieurs néo-nazis attaquent le groupe, battent brutalement les migrants. Un jeune homme est grièvement blessé , tombe dans le coma , et survivra de justesse

A une autre occasion quelques jeunes organisent une veillée pour les victimes de l'extrémisme de droite. Ils tiennent des banderoles disant "Fascisme -. Jamais" Soudain, ils sont bombardés avec des feux d'artifice par un groupe de personnes masquées. Plus tard, le centre de la jeunesse est barbouillé de croix gammées et de la menace: «Nous vous aurons tous »

Au cours d'un autre incident dans la même région, les fenêtres d'une voiture garée à l'extérieur d'une maison sont brisées pendant la nuit.De l'acide butyrique est également versé à travers la boîte aux lettres dans le couloir d'une maison. "L'odeur était si mauvaise que pendant des jours j'ai presque vomi à chaque fois que nous sommes entrés dans la salle», raconte Michael Helmbrecht de Nuremberg. Après l'attaque Helmbrecht, qui soutient une alliance contre l'extrémisme de droite, a trouvé une déclaration sur le site Web d'un groupe d'extrême-droite régionale qui a dit qu'il avait maintenant l'expérience de sa propre "Nuit de Cristal" - une référence cynique au pogrom nazi de1938 qui avait ciblé la population juive d'Allemagne, des synagogues et des commerces.

Herbert Fuehr, éditeur du journal«Nürnberger Nachrichten" parle de plus de 50 attaques sur les personnes et les biens de Novembre 2011 jusqu'à Avril 2012. Fuehr rapporte que ses critiques contre le terrorisme d'extrême-droite a conduit à la publication de sa photo sur un site néo-nazi avec la mention « fauteur de troubles ». Il est dangereux d'être distingué par la scène néo-nazie, Fuehr ajoute qu'il espère que les auteurs s'abstiendront de publier son adresse personnelle sur Internet.

Ces incidents ne se limitent pas à la Bavière. "C'est de pire en pire, plus brutal et de plus en plus public», dit Michael Helmstedt de l'alliance contre l'extrémisme de droite, ajoutant que des attaques similaires ont eu lieu dans d'autres parties de l'Allemagne occidentale.

Des attaques ciblées

 L'Office fédéral de l'Allemagne pour la protection de la Constitution estime le nombre d'infractions d'extrême-droite à plusieurs centaines dans la seule région de Nuremberg . La plupart des auteurs n'essaient même pas de faire profil bas. Michael Helmbrecht et sa famille ont été harcelés pendant trois jours par 250 néo-nazis qui avaient pris position sur une pelouse qu'ils avaient délibérément loué à proximité de sa maison. La famille a reçu une protection globale de la police, et les amis ont emménagé avec eux dans un élan de solidarité.

Les experts disent que l'extrémisme de droite dans l'ouest de l'Allemagne se calque de plus en plus sur celui déjà présent à l'Est : des migrants et des personnes qui luttent activement contre l'extrémisme de droite sont espionnées et ciblées. Certaines familles ont vu leurs voitures incendiées à plusieurs reprises, dit Günter Pierzig, porte-parole de la fédération nord de la Bavière contre l'extrémisme de droite.

La crainte d'attaques augmente par exemple dans Weißenburg en Bavière, où un nombre croissant de néo-nazis se déplacent vers des grandes villes. Il ya quelques semaines un groupe d'extrême-droite a défilé ouvertement dans les rues de Wissembourg. Par la suite les vitrines des bureaux des partis démocratiques ont été brisées, et des étrangers ont été attaqués avec des couteaux. Murat, un marchand de légumes d'origine turque, a déclaré qu'il est inquiet: ". Vivre cela n'est pas facile On ne se sent même plus comme un être humain de seconde classe , ça ressemble plus à la troisième classe."


Les autorités et les politiciens impuissants

Les auteurs sont rarement trouvés. Beaucoup de citoyens sont aveugles aux attaques néo-nazis parce qu'ils ont peur de se retrouver sur la liste des cibles eux-mêmes. Bien que la police s'efforde d'identifier les auteurs, de nombreuses victimes se sentent laissés pour compte par l'Etat.

Michael Helmbrecht et Doris Groß du bureau de Nuremberg pour les droits de l'homme disent cependant que la police a augmenté ses efforts pour traquer les néo-nazis délinquants à la suite des révélations troublantes sur une série de meurtres de néo-nazis ciblant les migrants de la Grèce et la Turquie et une femme officier de police.

En sa qualité de maire de Wissembourg, Jürgen Schröppel défend l'administration de nombreuses villes qui sont obligés d'accorder aux néo-nazis la liberté de réunion, qui est garantie par la constitution du pays. "Bien sûr, la première réaction est que nous devons arrêter ces marches», admet Schröppel. Cependant, étant un ancien juge, il est également un fervent partisan de la liberté d'expression. "Une démocratie doit aussi être capable de supporter des forces extrémistes." Schröppel a répondu à l'activité néo-nazie dans sa ville en organisant une contre-manifestation en collaboration avec des alliances contre les extrémistes de droite.

Debout face aux néo-nazis.

 
Les citoyens qui résistent activement l'extrémisme de droite disent qu'il est crucial d'agir rapidement et publiquement. Par exemple, dans Regensburg des propriétaires de restaurants, pubs et les hôtels ont mis en œuvre une initiative visant à empêcher les réunions de néo-nazis. Martin Seitel du Regensburg Kolpinghaus n'est pas en mesure de vérifier sles inclinations politiques de tous ses invités, mais si il tombe sur un groupe suspect, il clarifie sa position en mettant en place une bannière "Les étrangers sont mes amis."


"Il est important de prendre position et qu'il soit absolument clair que la xénophobie ne sera pas tolérée», a dit Seitel.

Une autre initiative à Ratisbonne va encore plus loin. Certains pubs et restaurants affichent des autocollants disant: ". Les racistes ne seront pas servis ici» Tous les propriétaires participants sont suivent strictement cette ligne, en expulsant les néo-nazis et en rejetant les réservations de groupes suspects.

L'idée est d'abord venue des élèves. Pour commencer, ils étaient sceptiques quant au nombre de personnes qui y souscriraient, et ils ont été surpris de constater que plus de 140 propriétaires mettent les autocollants sur leurs portes. "C'est dommage cependant que c'est surtout des militants de gauche ou de groupes politiquement organisés qui ont le courage de tenir tête à des néo-nazis», dit le marchand de légumes turc en Weißenburg.

"Malheureusement, la plus grande partie de la population préfère toujours se taire.

Auteur: Wolfgang Dick / nk
Éditeur: Gabriel Borrud


 Article paru sur le site Dw, traduction CPF de souche

Racisme: les CPF de la Grande Muette brisent la loi du silence

Nicolas Sarkozy , qui ne se souvient pas du nombre de soldats tués en Afghanistan avait osé qualifier l'un d'eux, victime de Mohammed Merah, issu de l'immigration de "musulman d'apparence" .

Eux, ce sont ces jeunes ou moins jeunes, qui sont soldats, gendarmes et issus des minorités. Ils sont entrés dans l'armée par vocation, mais aussi souvent pour simplement avoir un emploi. Seulement, voilà, ils ne sont évidemment pas tout à fait des militaires comme les autres pour certains de leurs collègues.

Canal plus a enquêté sur le racisme dans l'armée française et interrogé des victimes, mais aussi des proches. Le reportage revient aussi sur la présence de militants d'extrême-droite dure dans la Grande Muette




Racisme, l'Armée au Rapport
Ce soir à 22h40 sur Canal+.
© Magneto Presse“Rares sont les entreprises où les collègues ne perdent jamais une occasion de vous soutenir”,  proclamait une campagne de pub pour l’armée. Le slogan résonne avec une ironie amère devant les deux reportages de ce “Spécial investigation” qui lèvent le voile sur le racisme dans l’armée française. La journaliste Marianne Kerfridden est parvenue à réunir plusieurs témoignages alarmants dans son reportage “Racisme : l’armée au rapport”. On écoute ainsi Icham, sergent dans l’armée de terre et musulman pratiquant, auquel on a intimé, parce qu’il ne buvait pas d’alcool : “Bois, c’est un ordre. Tu te mets à part : comment voulez-vous être intégrés, vous les Arabes ?” Sous-officier de gendarmerie, Kentaro Martin, lui, s’est retrouvé à patrouiller avec deux subordonnés au son de chants racistes célébrant Maurice Papon et appelant à “tuer du Manouche”. Après avoir alerté sa hiérarchie, Kentaro a écopé de dix jours d’arrêt administratif pour “dénigrement systématique de l’institution et de ses camarades”. Il avait pourtant eu le réflexe d’enregistrer la scène, mais rien n’y a fait…
Plus inquiétant encore, le récit de cet ancien parachutiste de Carcassonne révoqué et condamné, en 2008, pour l’incendie d’une mosquée. Ce dernier se vante aujourd’hui auprès de la réalisatrice d’avoir mené, quand il était incorporé, des ratonnades dans les cités, avec d’autres paras qui avaient rejoint son groupuscule néonazi. Il affirme même que certains de leurs supérieurs avaient connaissance de ces agissements (il leur aurait montré des vidéos de leurs méfaits). De façon générale, difficile d’évaluer l’étendue des dégâts au sein de l’armée, dès lors que celle-ci ne communique pas sur le nombre de militaires sanctionnés, souligne la réalisatrice. Sur ce terrain miné, la grande muette préfère garder le silence…

dimanche 29 avril 2012

Le FN, parti démocratique ? 1995, deux morts en quelques mois.

C'était il y a 17 ans. Une éternité pour les médias qui font désormais du FN un parti comme les autres.
Pourtant, l'année 1995, comme d'autres est émaillée par deux morts directement liées au Front National.
Ibrahim Ali, 17 ans, est assassiné le 21 février, par des colleurs d'affiche qui se baladaient avec des armes , un 22mm et un 7.65. Les colleurs du FN prétendront que des pierres avaient été jetées sur leur voiture, mais on ne retrouvera pas de pierres.

Ibrahim Ali décède d'une plaie au thorax, la balle a été tirée dans le dos.

Bruno Mégret , à l'époque numéro 2 du FN déclarera : "« Lagier a été violemment agressé…c’est la faute de l’immigration massive et incontrôlée…si nos colleurs n’avaient pas été armés, ils seraient probablement morts. » (le Méridional le 23/02/1995)."

Des dizaines de milliers de personnes manifestent dans toute la France.

Deux mois et demi plus tard, le jour du défilé national du FN à Paris, trois néo-nazis , dont deux seront identifiés pendant le proçès comme ayant participé de nombreuses fois aux actions du DPS, le service d'ordre du FN, assassinent Brahim Bouarram en le jetant à la Seine.

" Nous sommes ceux que le FN cache", déclarera l'un des accusés au procès.

Tous les condamnés pour la mort de Brahim Bouarram sont sortis de prison. En 2002, Mickael Fréminet, par exemple, verra à nouveau son nom cité dans une affaire de meurtre : ayant réintégré les milieux d'extrême-droite dès sa sortie de prison, il était l'un des proches des jeunes néo-nazis, sympathisants du MNR ayant assassiné David Chenu, un jeune homme homosexuel à Reims.

En 2003, Bruno Gollnisch, actuellement membre de la direction du FN, déclare à propos des commémorations de l'assassinant de Brahim Bouarram.
" Je ne crois pas qu'il y ait lieu de faire des commémorations. M. Delanoë ne commémore pas les victimes des autres crimes et, en particulier, le million de Français qui, chaque année, est victime de crimes ou de délits de la part d'étrangers ou de personnes d'origine étrangère."

Deux condamnés sur trois dans l'affaire Ibrahim Ali sont sortis de prison également: l'un d'eux a alors été embauché à la mairie de Vitrolles, tenue à l'époque par Bruno Mégret.

Le responsable actuel du DPS, au moment du meurtre de Brahim Bouarram Eric Staelens était responsable de la section Ile de France en 1995


samedi 28 avril 2012

Genève: les lâches ont encore frappé

Un individu a tagué la plaque commémorative des déportés de la Shoah la nuit dernière à Genève, ainsi que la librairie Menorah à Malagnou
Genève, le 27 avril 2012. Place de la synagogue. Tag nazi sur la synagogue, croix gammée. Son auteur a inversé le symbole nazi, une confusion fréquente. Mais l'emplacement de la croix ne laisse aucun doute quant au message Photo: .
Laurent Guiraud/Tribune de Genève

Quand la violence s'ajoute aux problèmes causés par le handicap...

Le handicap expose à un risque élevé de fait de violence

 
Une étude publiée dans la revue « The Lancet », montre que les adultes qui souffrent d’une maladie mentale ont plus de risque d’être victimes de violence. Les chercheurs, qui ont compilé plusieurs études de différents pays, pointe le manque de travaux, notamment dans les pays à faible et moyen revenu.
Dans le monde, environ 15 % des adultes ont un handicap, et ces personnes ont plus de risque d’être victimes de violence. L’étude publiée dans « The Lancet » précise par ailleurs que celles qui souffrent d’une maladie mentale sont particulièrement vulnérables. Les auteurs ont analysé et compilé des données de 21 études menées, entre le 1er janvier 1990 et le 17 août 2010, en Australie, au Canada, en Nouvelle-Zélande, à Taïwan, en Grande-Bretagne, aux États-Unis et en Afrique du Sud. Les données de 21 557 adultes handicapés ont ainsi été analysées.
La prévalence des faits de violence (physique, sexuel ou conjugal) contre les personnes atteintes d’une maladie mentale est évaluée à 24,3 %, alors qu’elle est de 6,1 % pour les personnes qui souffrent d’un handicap intellectuel et 3,2 % pour celles qui souffrent de troubles non spécifiques. L’étude souligne que les difficultés relationnelles sont inhérentes aux maladies mentales, ce qui accroît la vulnérabilité des personnes qui souffrent de ces pathologies.

Une étape vers la prévention

Les auteurs insistent sur le fait que les études qu’ils ont analysées ont des faiblesses méthodologiques, et qu’il existe des différences entre les handicaps et les violences qui y sont étudiés. La plupart des études se sont focalisées sur les maladies mentales, alors que d’autres types de handicap ont été négligés. Les chercheurs déplorent aussi que trop peu d’études se soient intéressées au fait de savoir si c’est le handicap ou la violence qui est apparue en premier.
Pour les auteurs, cette étude est une première étape pour la prévention de la violence. Selon eux, la proportion d’individus avec un handicap directement touchés par la violence ou qui vivent dans la peur d’en être victimes, est susceptible d’être beaucoup plus élevé que leurs estimations. Les études inclues dans leurs travaux sont issues de six pays à revenu élevé et d’un pays à revenu moyen. Les données manquent pour la plupart des régions du monde, et particulièrement dans les pays à faible et moyen revenu, alors qu’ils ont souvent un taux plus élevé de violence que les pays développés et que les services pour les personnes handicapées sont inadaptés

Grèce: les néo-nazis dans les rues , dans les mairies et bientôt au Parlement

En Grèce, il y a quelques mois, le LAOS, un parti d'extrême-droite a été officiellement appelé au pouvoir dans un gouvernement d'union nationale, dont il a démissionné ensuite.

Souvent les partisans de la dédiabolisation des partis néo-fascistes affirment que leur entrée dans les institutions démocratiques changera la nature de ces mouvements et modèrera la partie de la population qui les soutient.

L'exemple grec montre que c'est l'inverse qui se produit: non seulement le LAOS ne s'est pas modéré, mais un autre parti, l'Aube Dorée a profité de l'entrée au pouvoir du premier pour prendre la place vacante d'extrême-droite contestataire.  L'Aube Dorée crie "Sang et Honneur" avant de scander le nom de son leader, elle a des références ouvertement néo-nazies et l'un de ses dirigeants fut longtemps tenancier d'une librairie négationniste.

Aujourd'hui, le mouvement est à la tête de milices qui pogroment ouvertement les étrangers et attaquent physiquement les formations de gauche , dans l'indifférence, voire avec la collaboration d'une partie de la police. Le LAOS a également crée ses propres formations armées, comme le relate l'excellent exposé ci-dessous initialement publié par le site Héllénologie.

L'Aube Dorée est assez peu connue en France, mais les contacts dans l'Hexagone  de cette formation  qui va peut-être entrer au Parlement se situent dans les franges les plus dures de l'extrême-droite: le Renouveau Français, qui les accueillis en 2009 lors de leur congrès regroupe les jeunes intégristes catholiques les plus violents et certains néo-nazis du Forum National Social Radical, vitrine de l'Oeuvre Française se vantent aussi d'être allés en Grèce chez les militants de l'Aube Dorée , sur laquelle ils ne tarissent pas de louanges

Les milices ultra-nationalistes, racistes et conspirationnistes s'épanouissent en Grèce

Sur le terrain 09/03/2012 à 18h08
Dans ce quartier d'Athènes, les néonazis prospèrent grâce à la crise

Zineb Dryef | Journaliste Rue89

Le contexte économique exacerbe le racisme en Grèce. Dans un quartier de la capitale, un parti néonazi fait la loi et des étrangers sont tabassés. Reportage.


(D’Athènes) Je suis chez Christina Samartzi, une responsable de Médecins du Monde à Athènes, pour parler des milliers de cas de sous-nutrition récemment constatés chez les enfants grecs. Cela fera l’objet d’un autre article. Au fil de la conversation, elle me raconte qu’un de leurs traducteurs a été tabassé récemment :

    « Il est afghan. On suppose que c’est L’Aube d’or. »

L’Aube d’or (Chrysi Avyi) est un parti néonazi. A Athènes, les agressions d’immigrés sont de plus en plus nombreuses. Toutes sont attribuées à ce parti de jeunes braillards qui aiment tendre le bras et afficher leur logo pas très éloigné de la croix gammée.

Né dans les années 80, L’Aube d’or connaît une nouvelle jeunesse à la faveur de la crise économique.

C’est un peu plus loin, à Agios Panteleimonas, que les allumés de L’Aube d’or concentrent leur activité. Une place présentée comme dangereuse par les guides touristiques, tant les affrontements sont nombreux autour de l’église homonyme.

Le danger ne saute pas tout à fait aux yeux ce premier jeudi de mars. Il fait grand soleil, les enfants jouent dehors et les Albanais au chômage enchaînent les parties de dominos.
Nettoyer la Grèce

Sur le parvis de la grande église, il faut baisser les yeux pour voir le grand message tagué au sol qui invite les étrangers à partir. Un tag antifasciste le recouvre, lequel est lui-même dissimulé par un autre, raciste ; enfin, tout cela est devenu illisible.

Le parc à proximité de l’église est désormais vide. Comme la place Attique, dans le quartier d’Omonia, il a été occupé par L’Aube d’or qui en a chassé, par la violence et les coups, tous les étrangers. Jusqu’à ce que le conseil municipal décide finalement la fermeture du parc.

Distrait par une pièce de monnaie qu’il s’emploie à chercher dans la grande église, le pope refuse de me parler. C’est pourtant ici que se sont déroulées certaines des plus violentes attaques de L’Aube d’or contre les immigrés. Des descentes de dizaines de jeunes dont l’objectif est de « nettoyer la Grèce de ses souillures ».

En septembre dernier, un demandeur d’asile afghan a été grièvement blessé après son agression par une quinzaine de personnes. En mai, ce sont treize migrants qui ont été battus par les extrémistes. Il serait malheureusement trop long de recenser tous ces « pogroms » – c’est ainsi que les Grecs désignent ces affrontements.
La police tolère les néonazis

Tolérés par la police, « ils agissent souvent comme les auxiliaires des CRS », explique Jason, journaliste à Kokkino, une radio de la gauche radicale qui suit attentivement ce mouvement.


Kostis Papaioannou, président du Comité national pour les droits humains, a lui relevé que la plupart des crimes et agressions de nature raciste ne font même pas l’objet d’enquêtes policières. Une attitude dénoncée par le HCR à Athènes.

Ce mouvement néonazi, même s’il reste marginal, progresse dans le centre d’Athènes. Plusieurs sondages créditent le mouvement de près de 2,5% d’intentions de vote aux législatives anticipées du mois d’avril.

En novembre 2010, Nikolaos Michaloliakos, de L’Aube d’or, a été élu au conseil municipal d’Athènes avec ce slogan : « Refaire d’Athènes une ville grecque » ; les électeurs d’Agios Panteleimonas lui ont été favorables.

Ils ont le soutien de la population dans ces quartiers populaires, surtout des jeunes, explique Jason :

    « Leur progrès s’explique par la crise mais aussi par la participation du Laos [l’alerte populaire orthodoxe, parti d’extrême droite, ndlr] au gouvernement. Beaucoup de gens ont été déçus et s’en sont détournés.

    Leur succès s’explique aussi par leurs liens avec la population. Ils fonctionnent par milices et ils créent des comités d’autodéfense. Dans le quartier d’Agios Panteleimonas, ils ont fait du porte-à-porte pour laisser un tract avec un numéro à joindre si les gens venaient à se sentir menacés par les immigrés. »

« Grâce à eux, il n’y a plus d’Asiatiques »

Les affirmations de Jason se vérifient au premier petit commerçant interrogé. Il est épicier dans le quartier d’Agios Panteleimonas depuis les années 80. Maintenant, il ferme à 21 heures parce qu’il a peur des attaques et parce qu’« aucun Aryen ne circule à la nuit tombée » :

    « Les immigrés volent des petites choses. Par exemple, une combine courante, c’est de prendre un paquet de cigarettes, de demander le prix, d’en saisir un second et hop ! Ils partent en courant.

    Ce sont des gens qui achetaient autrefois mais maintenant ils volent. Heureusement, je ne me suis jamais fait braquer. »

Il estime que son chiffre d’affaires a baissé de 70% ces deux dernières années. Il dit aussi que le quartier a été nettoyé :

    « C’est grâce à Chrysi Avyi. Moi, je ne fais pas de politique et je n’ai pas d’avis sur le sujet mais grâce à eux, il n’y a plus d’Asiatiques [les Afghans et les Pakistanais, ndlr] dans le quartier. »


Dehors, on ne repère pas dans la journée de militants de L’Aube d’or. Mais de nombreuses affiches témoignent de leur récente présence dans le quartier :

    « Je vote L’Aube d’or pour chasser la souillure de notre pays » ;
    « La Grèce appartient aux Grecs » ;
    « Une mosquée à Athènes ? Jamais. Et nulle part en Grèce. »


« Avant, on n’aimait pas trop les Albanais »

Dans ce qui subsiste de commerces grecs dans le quartier – d’après le petit commerçant, plus beaucoup mais il exagère – il y a ce minuscule café tenu par un Grec, « de la minorité grecque en Albanie ». Il y a là de très vieux messieurs, pas forcément très âgés, non, mais l’air vieux à leur manière d’être assis, chacun seul à une table, dos au mur. Ils boivent du café et de l’eau de vie que le patron leur sert régulièrement et généreusement. Il tolère les cigarettes, fume lui-même.

Ce matin-là, ils ressassent. La beauté passée du quartier, la quasi bourgeoisie des habitants – la tante d’un des clients du bar a vendu autrefois cinq de ses magasins en province pour pouvoir s’installer dans l’un des immeubles aujourd’hui décrépis du quartiers –, son microclimat même.

Un homme prend la parole.

    « La première vague d’immigrés, c’étaient les Albanais. On ne les aimait pas trop, on pensait qu’ils étaient dangereux mais ils n’ont pas défiguré le quartier. Ils travaillent bien.

    Aujourd’hui, beaucoup d’Albanais, de Bulgares, de Roumains rentrent chez eux. Avec la crise, ils ont perdu leur travail mais ils ne veulent pas devenir des voleurs.

    Les Afghans et les Pakis sont obligés de rester ici, alors ils sont prêts à tout pour survivre. Le problème, c’est qu’ils ne pourront pas vivre longtemps, ni très bien, uniquement du vol.

    Les Albanais, eux, n’auraient jamais fait des choses humiliantes comme mendier ou essuyer les pare-brise contre de la monnaie, ils partent. »

Les autres acquiescent. Ils semblent lui vouer quelque chose comme de l’admiration un peu révérencieuse. L’homme s’appelle Takis Mouzoukos. Il est le plus âgé de l’assemblée. Ingénieur civil à la retraite, il a eu cette idée baroque, il y a maintenant deux ans, de créer le premier cimetière d’animaux domestiques d’Athènes. Lui et son associé – un Albanais – ne souffrent pas de la crise, affirme-t-il.
« Ils sont dans une impasse »

Le patron me montre son gros cahier. La crise c’est ça, cette liste de noms et en face une somme, souvent élevée. Un de ses clients lui doit 250 euros mais il n’a pas le cœur à lui refuser des consommations :

    « Avant la crise, ils venaient, ils me faisaient vivre, je ne vais pas les laisser tomber maintenant. »

Lui aussi a une dent contre les « Asiatiques » ; ils ne veulent pas s’intégrer. La preuve : jamais il n’en a vu un seul au café ! Pas une fois. Il les croise parfois dans la rue, rasant les murs. Il n’est pas rassuré :

    « Ils sont dans une impasse parce qu’ils ont été dupés par les mafias et qu’ils se retrouvent maintenant coincés à Athènes sans travail, ni argent. Les hommes deviennent des bêtes féroces quand ils ont faim. »

C’est entendu, ces hommes-là n’aiment pas les « Asiatiques » mais à l’évocation de L’Aube d’or, ils s’agitent. Takis parle pour les autres :

    « Bien sûr que je préférerais qu’ils rentrent chez eux mais je ne peux pas accepter qu’on les traite comme le fait L’Aube d’or !

    Je suis choqué quand je vois ces jeunes, des jeunes du quartier parfois, qui tapent des hommes avec des battes de baseball. Je n’aime pas voir ça en Grèce.

    Les Grecs sont eux aussi responsables. De riches propriétaires d’immeubles louent les sous-sols et entassent des dizaines d’immigrés à l’intérieur. Les endroits les plus dangereux maintenant, ce sont les halls d’immeubles. »

Il se demande si « tout ce bordel n’est pas organisé par des gens de l’immobilier » mais enfin, il ne faut pas s’inquiéter, « la Grèce s’est souvent retrouvée dans des situations impossibles mais l’espoir d’un Grec ne meurt jamais. A la vôtre ! »
Source : http://www.rue89.com/2012/03/09/dans-ce-quartier-dathenes-les-neonazis-prosperent-grace-la-crise-230001
 
To Vima
Extrême droite : le spectre des « gardes civiles » hante la Grèce
Traduit par Laurelou Piguet

Sur la Toile :

Publié dans la presse : 18 mars 2012
Mise en ligne : lundi 26 mars 2012
Aube d’or, Garde civile patriotique, Société nationale... Ces groupes armés de « protection civile » s’épanouissent en Grèce sur le terreau de la crise économique et de la faillite de l’État, réveillant des peurs que l’on croyait enterrées. L’enquête de To Vima.


Par Dimitris Galanis

Ces derniers jours en Grèce, différentes organisations ont connu une forte couverture médiatique. Pourquoi ? Elles appellent à la création de « gardes civiles » pour, selon elles, protéger les citoyens que l’État a laissés à la merci des malfaiteurs. Via leurs pages Internet, ces groupes appellent les Grecs à venir rejoindre leurs rangs et à prendre part à des formations mises en place pour les préparer à affronter un chaos qui serait imminent.

Pour le ministre de la Protection du citoyen, c’est une dérive inquiétante. Interrogé sur ces initiatives de « garde citoyenne », il a répondu que la sécurité des citoyens était du ressort de la police et des services compétents, comme le prévoit la Constitution. « Personne d’autre n’est autorisé, ni à se servir d’arme, ni à se faire justice soi-même », a-t-il rappelé. Le procureur de première instance Nikos Antonarakos a ordonné jeudi dernier en urgence une enquête préliminaire sur l’action et le fonctionnement de ces groupes.


Toute cette affaire a un parfum qui rappelle d’autres époques : beaucoup estiment en effet que ces phénomènes font penser à l’apparition de groupes similaires en Allemagne dans les années 1930. D’autres soulignent que les périodes de crise favorisent naturellement la montée de la xénophobie et de l’extrême droite, qui en est son mode d’expression. D’autres enfin soulignent que quand l’État est absent, il n’est pas étonnant que se forment des États dans l’État.


« Protéger les citoyens contre les non-Grecs et les anti-Grecs »



L’un de ces groupes crie haut et fort qu’il va « protéger les citoyens à la merci des malfaiteurs ». Il se fait appeler « Garde civile patriotique » et est la cible des enquêtes actuelles. Son représentant, Yorgos Anestopoulos, signe de son surnom : « Faucon de l’Egée ». « La Garde civile patriotique est l’une des centaines d’unités, présentes dans toute la Grèce, composées de réservistes qui, d’une façon ou d’une autre, continuent leur entraînement militaire même dans leur vie civile. » Il explique que l’ambition de l’organisation consiste, en temps de guerre, à « laisser derrière elle une unité de garde de citoyens composée de civils et de femmes qui pourront ainsi contribuer à la protection de la population civile sans armes contre les armées étrangères ennemies ».


Les thèses de Yorgos Anestopoulos ont un fort relent de théories conspirationnistes. Il affirme qu’il n’a « aucune envie de jouer le rôle du sauveur autoproclamé mais que – si le besoin s’en fait sentir – nous préférons être prêts au moment crucial pour protéger nos familles, notre population, contre la guerre que certains "non-Grecs" ou "anti-Grecs" s’apprêtent à lancer contre notre peuple (...) ».


Concernant la formation dont ses membres peuvent bénéficier, il explique qu’il s’agit du Basic Soldiering. « Bien sûr, cela a l’air d’une réplique miniature d’un vrai camp militaire. Chacun et chacune selon sa spécialité et ses capacités apporte ce qu’il sait faire le mieux. Les plus capables et le mieux entraînés constituent le Groupe des forces spéciales ». Pour M. Anestopoulos, la plus grande menace, ce sont les immigrés clandestins.


Récemment, le président du parti ultra-conservateur LAOS, Yorgos Karatzaféris, avait proposé que les Grecs aient le droit d’être armés pour lutter contre la hausse de la criminalité. Sur cette question, voici la réponse du responsable de la Garde civile patriotique : « Évidemment, mais sous conditions : si quelqu’un souffre de dysfonctionnement psychique, il ne faut pas qu’il porte une arme, et cela peut être diagnostiqué. Il faut naturellement que les citoyens soient formés avec un soin extrême à l’utilisation d’une arme avant d’être autorisés à en porter librement pour leur propre défense ». On lui fait remarquer que, peut-être, si ce sont les citoyens qui prennent en main la loi, on risque d’en arriver à un chaos aux conséquences incontrôlées. Il répond : « Malheureusement, quand l’État montre son incapacité à protéger le citoyen et ses biens, de telles conséquences sont inévitables ».


Sur sa page Internet, la Garde civile se dit à la disposition de la Société nationale, si cette dernière fait appel à elle. Mais qu’est-ce que la Société nationale ? Son responsable de la communication, M. Argyripoulos, répond : « C’est une société civile, sans but lucratif. Elle a pour but de protéger les droits des citoyens grecs, que personne ne protège. » Cette société a fait connaître son action le 12 mars dernier lors d’une manifestation au musée de la guerre à Athènes. « La Société nationale n’est pas un parti, c’est une ligne de défense contre l’arbitraire de l’État qui blesse cruellement les Grecs, contre tous ceux qui blessent nos concitoyens, lois, décisions ministérielles, arbitaire des systèmes étatiques et de leurs employés. » Sur la Garde civile, M. Argyropoulos pense que « c’est un élément très important pour la protection des droits des Grecs. Ils donnent des leçons de premier secours et de défense du citoyen dans différentes situations de nécessité ». Mais au sujet des armes, il se positionne contre « ceux qui appellent à l’armement des citoyens. Nous considérons, nous, que l’État grec doit, au contraire, veiller à récupérer les armes en circulation qui sont aux mains de malfaiteurs. »


« Des rondes pour traquer les malfaiteurs »


À une autre échelle, on trouve l’action du Centre grec de contrôle des armes qui appelle à l’organisation de ce qu’il appelle « Surveillance de voisinnage » (neighborhood watch). Selon Théodoros Liolios, directeur du centre, professeur de physique nucléaire et des équipements militaires à l’École militaire, la criminalité a pris des dimensions inquiétantes . C’est pourquoi il est nécessaire d’organiser « des groupes de citoyens qui feront des rondes dans les quartiers et contrôleront la criminalité dans leur zone avec l’aide de la police. Les personnes âgées ou handicapées pourront se mettre communication avec eux dans le cas où elles seraient victimes ou témoins d’activités criminelles ; ainsi, le groupe de garde prendra immédiatement contact avec la police ou frappera à la porte de la personne concernée pour faire fuir les criminels ».


M. Liolios insiste sur le fait que les membres de ces groupes ne pourront pas être armés ni se voir impliqués dans des attaques contre des malfaiteurs ; leur présence devra avant tout avoir un rôle dissuasif. Il ajoute que ces groupes pourront accepter en leur sein « des immigrés qui ont de bons contacts avec leurs compatriotes et une meilleure perception de leur culture ». Il appelle même les organisations de gauche à participer à leurs actions. Il soutient également que des mouvements similaires pourraient être organisés dans les écoles.


Si l’apparition de ces groupes de protection civile soulève des interrogations et réveille des peurs, l’action de l’« Aube d’or » divise les habitants des quartiers où elle a une présence visible. Ses représentants déclarent n’avoir « aucun lien avec les groupes de protection civile ». Ils disent former un groupe politique avec une organisation, des positions et des actions claires. Ils se distinguent donc clairement des groupes de « protection civile », mais des habitants parlent, eux, de « rondes » menées par ses membres dans le quartier athénien d’Aghios Panteleimonas.


« Si nous étions le gouvernement, nous réinstallerions des champs de mines entre nos frontières et la Turquie »



Au coeur de leurs actions, les rues du quartier d’Aghios Panteleimonas et de la place Attiki, qui se sont ces dernières années transformées en champ de bataille entre des forces de l’extrême droite et des groupes appartenant au champ assez large de la gauche et des organisations de défense des droits des immigrés. En 2010, l’Aube d’or a gagné un siège au conseil municipal d’Athènes, vraisemblablement grâce surtout au vote d’habitants du quartier. Elias Kasidiaris, membre du conseil politique de cette organisation et candidat à la députation pour l’Attique, explique que ces dernières années, la perception des gens sur l’Aurore dorée a changé : « Nous, nous n’avons pas changé, mais le monde a changé en face de nous. La crise a réveillé de nombreux Grecs. La baisse des revenus a commencé à faire prendre conscience ce dont ils n’avaient pas eu conscience pendant longtemps, que le système est corrompu et qu’il fonctionne à l’encontre de la nation et du peuple ». Il attribue le changement de position des citoyens envers l’Aube d’or au « travail social » de fond mené par l’organisation : « Nous avons fondé l’année dernière le Mouvement de solidarité des Grecs à travers lequel nous récoltons des dons de citoyens grecs que nous redistribuons à des familles grecques en difficulté. Cela ne concerne que des Grecs, et non les étrangers. C’est sur ce point que nous nous distinguons d’actions similaires menées par d’autres mouvements ».


Selon lui, le système politique est « plus dangereux que les immigrés clandestins. Si le pays était dirigé par de vrais Grecs, nous n’aurions pas de problèmes avec les immigrés clandestins. Il n’y en aurait même pas un seul dans tout le pays. Nous ferions appliquer les lois et les clandestins seraient renvoyés au-delà de nos frontières. » Et de compléter :

« Si nous étions le gouvernement, nous réinstallerions des champs de mines entre nos frontières et la Turquie, ces mines qu’ils ont supprimées ». Le fait qu’une campagne mondiale contre les mines antipersonnelles soit menée ne semble pas le perturber le moins du monde.



« La nuit, on a peur de sortir »


Les opinions sur l’Aube d’or divergent cependant chez ceux qui vivent dans les quartiers alentour. Certains, Grecs et immigrés, ainsi que des organisations de gauche, dénoncent l’action des membres de l’organisation qui font, selon eux, régner une forme de terreur en particulier sur ceux qui ont le malheur d’avoir la peau noire et de se trouver sur leur passage. Yannis G., qui travaille dans un bar du quartier, raconte qu’ils « se promènent en bandes et procèdent à des contrôles sans que la police intervienne. En particulier à la tombée de la nuit, on les voit tourner dans leurs blousons noirs à faire des patrouilles. Très souvent, on les entend insulter des immigrés, qui n’osent pas circuler le soir. »


Saïd est un Irakien qui vit depuis huit ans dans le coin et travaille dans un snack. « La nuit, on a peur de sortir dans la rue. Je connais beaucoup d’immigrés qui se sont fait sauvagement passer à tabac par des membres de l’organisation. » Pourquoi ne sont-ils pas aller se plaindre à la police ? demande-t-on. Il répond que s’ils l’avaient fait, ils auraient vraisemblablement été expulsés, puisqu’ils se trouvent ici en situation irrégulière.


Maria G., commerçante elle aussi dans le quartier, constate que la présence de l’organisation a changé l’équilibre des forces. « Il y a quelque temps, c’était les Grecs qui n’osaient pas sortir dans les rues. Si vous n’avez pas vécu ici, vous ne pouvez pas comprendre. Avant, je tremblais que d’un moment à l’autre, ils entrent pour me voler, maintenant, je me sens plus en sécurité », explique-t-elle. À la question de savoir si l’appartenance de l’Aube d’or à l’extrême-droite ne l’inquiète pas, elle répond : « Leur position politique ne m’intéresse pas. Que la gauche vienne ici pour chasser les étrangers si ça lui chante ! Alors, je voterai pour elle, de même que, aux dernières élections municipales, j’ai voté pour l’Aube d’or ».
Source : http://balkans.courriers.info/article19542.html